Conte détourné : Rouge dans la ville / Marie Voigt, éd. école des loisir

Cette année, une de mes thématiques est le conte, pour les primaires. J’ai décidé de présenter aux enfants une déclinaison d’histoires autour du petit chaperon rouge. J’ai pris cet album un peu au hasard dans les bacs de la médiathèque. Très bonne pioche.

Dans cette version revisitée du petit chaperon rouge, la maman envoie sa fille, avec son chien Woody, chez sa mamie avec un gâteau. (les enfants m’ont fait remarquer que, si la grand-mère était malade, le vin n’allait pas l’aider 😉 )

Rouge se perd bien vite dans la ville, elle suit les panneaux. Elle regarde les magasins, ils sont beaux, ils donnent envie. Rouge se trouve alors seule et désemparée dans cet endroit immense, noir et inquiétant. Heureusement, elle va retrouver son chemin et sa mamie grâce aux indications de sa maman.

Cet album est très intéressant, car c’est une critique de la société de consommation. Le loup est la ville et c’est elle qui tente de dévorer la petite fille. Pour matérialiser le loup, la ville prend sa forme, dans une maison, un tramway. Les dents du loup sont des immeubles. La ville devient animale, féroce et dévorante.

Ce que j’ai aimé dans cet album, c’est l’effet qu’il produit sur les enfants. Quand j’ai pris le livre dans mon sac un matin, je l’avais survolé. Je sentais l’impacte du graphisme, mais je n’avais pas vraiment prêté attention à sa qualité. Ce sont les enfants qui m’ont permis de voir le loup. Je commence la lecture et au bout de quelques pages un enfant s’exclame : « Je vois le loup ! »

Je regarde plus attentivement, c’était une maison. C’est à ce moment-là que la profondeur du texte et du graphisme m’ont sautés aux yeux.

Nous avons dans ce livre un petit chaperon rouge moderne, beaucoup plus proche des enfants d’aujourd’hui. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé le clin d’œil final, qui présente la mamie comme l’ancien petit chaperon-rouge.

Un vrai petit bijoux à partager avec nos petites oreilles.